Nadine Fiévet

Nadine Fiévet  ° 1947

Pour Nadine Fiévet tout réside dans ce qui est à voir du monde jusque dans ses espaces les plus reculés loin de notre vieille Europe. Mais faut-il encore en percevoir la vibration en un travail subtil de la matière et des pigments afin que la peinture par ses jetées vibre et donne la marque stratifiée de la trace énigmatique de l’homme aussi archaïque que contemporain face au cosmos et loin de tout exotisme. 
L’artiste belge donne sans cesse a voir la joie et l’ivresse par ses projections de couleurs. Chaque toile à la fois joue sur l’effet de plan et sa profondeur en un étrange vocabulaire de signes chromatiques et de traces archaïques à travers des techniques exigeantes qui deviennent une pensée faite forme et qui décale notre approche.

L’artiste nous embarque contre le chaos vers la sérénité mais sans retenue et à travers une forme de lyrisme qui se déploie jusqu’à ce que nous éprouvions sa vibration au sein même de la matière peinture qui prend sa source aux fondements des arts picturaux de l’occident mais aussi de l’orient.

Nadine Fiévet rencontre certaines problématiques passionnantes (mais souvent escamotées) de l’art contemporain : entre autres le rapport “ physique ” au temps dans une œuvre picturale. Elle apporte aussi sa contribution non négligeable à une conception plus large et plus complexe de la dialectique entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, ainsi que celle - plus vaste encore - entre l’imaginaire et le réel. Mais ce qu’on retient surtout reste la question de la peinture par elle-même, la question de son langage propre. L’artiste crée sans cesse des passages “ immémoriaux ” afin d’approfondir la relation de la couleur avec la matière symbole du rapport de l’être au monde.

L’artiste sait que si la toile est la prison du peintre c’est tout autant son lieu de liberté. Dans ses toiles les pigments décident du ciel contre l’anéantissement du monde pour sa résurrection. Surgissent dès lors ce qui demeure rare dans l’art du temps : l’invasion de l’espoir et celui de la beauté jugée si souvent barbare. Non seulement par son travail depuis près de quarante ans elle précise ce qu’on entend par moyens plastiques mais de plus elle ose de mystérieuses poussées vers l’image lorsqu’elle ne représente pas qu’un reflet, et un succédané mais un moyen de faire surgir une autre vision. C’est toujours ce qu’on attend de cette très vieille chose qu’est l’art.

Jean-Paul Gavard-Perret

Demande une question




Acheter cette oeuvre

Prix:




Code

Retour en haut